mardi 4 avril 2017

On The Damp Road : A Walk with Sadegh Hedayat de Soheyl Dahi

Soheyl Dahi est un écrivain et artiste américain d'origine iranienne. Il vit depuis la fin des années soixante-dix à San Francisco, en Californie où il peint et a fondé une maison d'édition, Sore Dove Press. Dans son dernier livre On The Damp Road : A Walk with Sadegh Hedayat,  il écrit une bio-autobiographie de Sadegh Hedayat, célèbre écrivain iranien,  qui s'est suicidé à Paris au début des  les années cinquante. Il met en scène l'histoire de Hedayat en parallèle de la sienne, celle des années soixante-dix en Iran. C'est un double retour au pays de son enfance. Un voyage littéraire et autobiographique. 



I get off at Père-Lachaise metro station. The clouds are clearing. One can see the rumor of a distant sun. On my left are the foreboding walls of Père-Lachaise: huge, macabre, as if protecting the privacy of its occupants inside. 
(Extrait du livre de Soheyl Dahi)

Le thème de la mélancolie est fortement exploré chez Hedayat. Une écriture hantée par la mort, les fantômes de la femme aimée et le malaise de vivre. Son livre, La Chouette aveugle, autour duquel s'articule le récit est l'oeuvre emblématique de la littérature avant-gardiste iranienne des années trente. Influencé par les surréalistes, passionné par la ville de Paris où il finira ses jours, Hedayat a écrit un livre talisman qu'il était interdit de lire au risque de vous arriver malheur. L'énigme de l'écrivain se poursuivra au-delà de sa mort. Sa tombe au Père Lachaise a la forme d'une pyramide noire. Elle est le lieu de pélerinage pour des Iraniens en exil. 

On écrit toujours à partir d'une blessure. C'est ce que dit la Chouette aveugle : "Une cicatrice dont on reste marquée à jamais". "Je n'ai qu'une crainte, mourir demain, avant de m'être connu moi-même" , écrit Hedayat. "Si, maintenant, je me suis décidé à écrire, c'est uniquement pour me faire connaître de mon ombre - mon ombre qui se penche sur le mur, et qui semble dévorer les lignes que je trace. " 

Il veut connaître son ombre et se faire connaître par elle. Une écriture envoûtante, poétique, qui n'est pas sans évoquer Edgard Allan Poe et les récits d'épouvante. L'ombre prendra l'aspect de la femme aimée, amour platonique que l'écrivain ne voulait absolument pas "souiller au contact des choses terrestres" et dont il veut taire le nom. 


Le livre est préfacé par le poète Jack Hirschman.








On The Damp Road : A Walk with Sadegh Hedayat 

Soheyl Dahi
Sore Dove Presse
San Francisco, 2016

https://www.facebook.com/Sore-Dove-Press-231757506868183/

vendredi 17 février 2017

mercredi 7 décembre 2016

Moonlight, sous l'éclairage de la nuit




Depuis que j’ai vu le dernier film de Barry Jenkins,  Moonlight je suis hantée, par sa beauté, par la cruauté de la condition des Noirs américains, et par les circonstances dans lesquelles les enfants du sud des États-Unis vivent. Ils subissent une condition sociale misérable, faite de familles disloquées et dysfonctionnelles. La mère (Noami Harris) se prostitue et se drogue, le père est absent.
On assiste aux trois étapes de la vie de l'enfant. Il n’aura que des surnoms : Little, Black, … alors qu'il se nomme Chiron. Filmé admirablement et joué par les acteurs remarquables : Alex R. Hibbert (Chiron enfant), Ashton Sanders (Chiron adolescent), Trevante Rhodes (Chiron adulte), Mahershala Ali (le rôle de son père spirituel), Andre Holland (Kevin, l’ami intime)
De l’enfance à l’adolescence, l’identité de Chiron peinera à se former, coincée par les intolérables harcèlements à l'école, les insultes, moqueries, humiliations ou utilisation des surnoms. Comment transformer un être sensible en monstre ? Comment parvenir à accepter son homosexualité ?
La narration de Moonlight n’est ni linéaire ni ennuyeuse comme dans la grande majorité des films américains. C’est un film d’auteur qui marque le cinéma par sa forme poétique. 
Des longs plans séquences, des balayages en cercle, des gros plans, ou une caméra à l’épaule, tous les éléments participent au rythme du film. Et comment ne pas parler de la bande son : les silences à travers les regards, les chansons choisies pour faire des clins d’oeil à Almodovar et à tant d’autres cinéastes. Les cinéphiles vont se régaler. Je ne connaissais pas le réalisateur Barry Jenkins mais j’ai, à présent, le goût de découvrir son film précédent Medecine for Melancholy (2008).
Le coup de coeur de fin d'année 2016.


Moonlight, de Berry Jenkins, 2016


vendredi 11 novembre 2016

Like a bird

   


Like a bird on the wire
Like a drunk in a midnight choir
I have tried in my way to be free
Like a worm on a hook
Like a knight from some old-fashioned book
I have saved all my ribbons for thee
If I, if I have been unkind
I hope that you can just let it go by
If I, if I have been untrue
I hope you know it was never to you
For like a baby, stillborn
Like a beast with his horn
I have torn everyone who reached out for me
But I swear by this song
And by all that I have done wrong
I will make it all up to thee
I saw…
Leonard Cohen