vendredi 20 juin 2014

Certaines n'avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka


Récit écorchant, émouvant, révoltant. Des jeunes filles japonaises qui prirent le bateau au début du vingtième siècle pour rejoindre des fiancés japonais, émigrés à San Francisco, et seulement vus sur une photo souvent falsifiée. Mariages  arrangés, récits douloureux qui dévoilent un peu de l'histoire méconnue de l'immigration japonaise aux États-Unis. Comment cette Amérique était perçue dans les yeux d'une Asiatique qui ne comprenait ni la langue ni le langage du Nouveau continent, où rien n'est gratuit. On apprend l'histoire de l'Ouest américain, perçue à travers les yeux des Japonaises paysannes domestiques. Une main-d'oeuvre devenue indispensable.
"La meilleure manière de leur résister est de ne pas leur résister". 
Maltraitées, réduites à l'esclavage, elles veulent  retourner dans leur Japon natal pour sortir de ce cauchemar.
C'est aussi l'histoire des immigrées, riches propriétaires, des comtesses, des immigrées russes qui ont fui les bolcheviques et qui ne rêvent qu'à retrouver leur Odessa natal. Si le premier chapitre est écrit en phrases interrogatives, le suivant est écrit tout en négation. Variant les points de vue, les récits ont le souffle de la prose poétique comme le roman les vagues de Virginia Woolf. 

Certaines n'avaient jamais vu la mer, de Julie Otsuka, Phebus.
Prix Fémina 2012

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