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samedi 13 août 2011

Visite de l’exposition : Berlinde de Bruyckere

Visite de l’exposition : Berlinde de Bruyckere
DHC/ART
du 30 juin au 13 novembre 2011
451 & 465, rue Saint-Jean
Montréal

« Corps humains, corps animals, même transcendance »

Des corps comme des potences, de la chair animale ou humaine fait écho aux carcasses de bœufs suspendus, des étalages de boucher, des peintures de Goya. Les géantes sculptures en cire et résine de Berlinde de Bruyckere, artiste belge, nous dévorent dès l’entrée de la salle, Nous sommes reçus par un duo de cadavres de chevaux, placés comme deux ballerines sur les étagères d’une morgue. Laideur, beauté, pourquoi éprouvons-nous de l’épouvante au regard de la scène ? Car il s’agit d’une mise en scène. D’un « spectacle » comme l’écrivent si bien en introduction les commissaires de l’exposition : Phoebe Greenberg et John Zeppetelli. L’épouvante secoue en nous le sentiment de beauté. Mais à la première visite, la vision des corps suspendus est de l’ordre de l’intolérable. C’est l’horreur qui nous prend à la gorge. Les corps ne sont pas sans évoquer les tortures des régimes totalitaires, je viens de lire le témoignage de l’écrivaine Samar Yazbek dans le Devoir du samedi 13 août, sur la « visite » forcée des géôles syriennes. Des corps défigurés « il n’y avait plus de visage… le nez n’existait plus, ni les lèvres » Même impression. La souffrance est palpable, et la beauté n’a plus sa raison d’être.