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jeudi 25 avril 2013

Sur un nuage entre Beyrouth et Paris





Mon voisin d'avion est beau. Son nez surtout quand il enlève ses lunettes. Ses cheveux poivre et sel. Il est chef cuisinier. Il voyage à travers le monde pour partager ses recettes de cuisine italienne. Il est vénitien. Il revient du Liban, comme moi. L’objet de notre conversation : son bracelet du saint maronite, saint Charbel. Étiez-vous en pèlerinage ?  Non … c’est une longue histoire. Et le voilà en flots de paroles. Une amie me l’a offert. Elle a été miraculeusement guérie après un pèlerinage à Saint Charbel. Était-elle libanaise ? Non, Italienne. Et votre vie a changé depuis que vous portez ce chapelet ? Oui. Mais je ne porte pas que lui… Il me montre un cordon de plusieurs nœuds à son poignet droit. 
C’est un moine bouddhiste qui me l’a offert. Un moine de Hong Kong rencontré je ne sais plus dans quel pays. Et puis ? J’ai alors reçu une invitation pour aller à Hong Kong. Mais surtout… Il me brandit un ruban qu'il porte autour du cou. Et ceci. Je suis émerveillée. Tous ces talismans. J’ai été aussi guéri miraculeusement. Des médecins m’ont dit : Tu as le choix. J’ai choisi la vie. Je ne comprenais pas. Je demandais : Comment vous avez choisi ? Les médecins m’ont fait entrer dans un tunnel, et au bout,  je me suis retrouvé face à mon choix : Qui avez-vous rencontré ? Un ange. Et cet ange m’a dit : Retourne à la vie. J'étais propulsée dans un univers dantesque. L'ange a poursuivi : Retourne à la vie mais à une condition. Tu œuvreras pour les enfants qui souffrent de leucémie. Et me voilà retourné dans notre monde. Nous voyagions lui et moi sur un nuage entre Beyrouth et Paris. Il devait prendre sa correspondance pour Venise. Moi, la mienne pour Montréal. 
Et depuis j’œuvre auprès d’une fondation pour les enfants leucémiques. Je ne cherche pas à être riche. Je leur ai donné la moitié de ma fortune. C’est vraiment un homme qui me ressemble. Aussi dématérialisé que moi mais ô combien plus philanthrope  que moi. Je l’admire. 




mardi 3 juillet 2012

Épisode du kiosque à journaux de la rue Hamra


Kiosque rue Hamra (Beyrouth)
Je me rends vers le kiosque à journaux pour acheter L’Orient-le jour. Le vieux monsieur somnole. Je le réveille. Je trouve L’Express sur les Salafistes en Tunisie, pas d’Orient-Le jour. « il est épuisé » me dit le Monsieur aux petits yeux usés par la lecture. Pas grave, j’ai besoin de monnaie, je lui tends mon billet de 50 000 livres. Il lève les yeux : Tu veux l’Orient ? Oui, s’il vous plaît. Alors événement théâtral : il sort de son kiosque, traverse la petite rue Hamra en se dandinant, sûr de lui, vers la Librairie d’Orient. Il s’absente un certain temps. Puis revient, redandine vers son kiosque en slalomant à travers les autos comme il l’a toujours fait et pénètre dans sa petite roulotte de journaux. Victorieux, il me tend le journal. 
AUB (Université Américaine de Beyrouth) entrée prncipale
Je me prépare à partir en le remerciant. Il me dit : il manque quelques livres, il sort 3 000 livres. Je lui souris et me retire, avec le flot de souvenirs du quartier de mon enfance des années soixante-dix.