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jeudi 4 novembre 2021

Kyoto song de Colette Fellous

Le titre évoque bien sûr le film de Marguerite Duras, India Song. Colette Fellous voyage en compagnie de sa petite fille Lisa qui a lui a demandé de l'emmener avec elle. Kyoto song est une errance, comme une porte ouverte sur le Japon et son chant venu d’un autre monde. Des souvenirs intimes viennent se greffer toujours au rythme du hasard auxquels seule la poésie peut donner un sens. 

Bashô, le haïkiste est évoqué, sa vie, ses haïkus, de même que Marcel Proust. 
« Je rapproche le cœur tremblant de Proust en cet instant unique et celui de Bashô quand il écrit ce haïku : On remarque d’abord / le visage des pêcheurs / puis les pavots en fleur. » 

 Musicalité du texte de Colette Fellous. 
« Dans le chant de la cigale, rien ne dit. C’est ce que j’entends dans ce souffle si ténu, une magie des secondes et une plainte infiniment douce et cruelle. » 

Le vent.
 « J’essaie de saisir encore le rythme de ce vent, son irrégularité qui est la splendeur même de sa démarche. »… « Ozu a capté ce mouvement dans ses films. » 

En revisitant les films d’Ozu, Colette Fellous revisite son passé en Tunisie, son enfance. « Alors j’ai pensé aux villes, aux jardins et aux êtres oubliés que voulait faire entrer Proust dans son livre, à l’Elyssa qui avait fondé Carthage et qui était le vrai nom de cette petite Lisa dont je tenais la main, des siècles et des siècles plus tard, dans les rues de Kyoto, en attendant le feu vert et ses pépiements d’oiseaux. » 

Chaque morceau est une prose qui nous accompagne bien après avoir refermé le livre. On laisse monter en nous la saveur, la tristesse du départ du pays natal. Colette Fellous écrit qu’elle a choisi Kyoto comme son nouveau pays natal, parce qu’elle peut le quitter sans douleur « puisqu’elle l’a choisi. » 

 L’autre, le vrai, elle le transporte toujours en elle.
Lisa, la petite fille de Colette Fellous 
Kyoto song, Colette Fellous, Éditions Gallimard, 2020, 185p.

mercredi 6 novembre 2019

Voyage au Japon

Cher Claude,

Comme je comprends ta fascination pour le Japon, sa culture, son histoire. Merci pour toutes tes suggestions. Je dois avouer que le dépaysement on l’a tout de même vécu. Et c’est ce que nous cherchions. C’est Kyoto qui m’a le plus séduite. Et ses montagnes, ses jardins- la montagne des singes. Son arôme de pêche humide. Il a beaucoup plu mais cela n’a pas gâché notre plaisir. 












Celui qui nous a emmenés à Nara à la rencontre des daims. 




Ou à Osaka qui prit un temps pour me conquérir. Retour sur Tokyo avec Le Shinkansen, la vitesse de l’éclair. Hélas ni à l’aller ni au retour nous ne pûmes voir le Mont Fuji. Peut-être est-il mieux reconnaissable avec sa crête quand elle est enneigée. 

Nous avons néanmoins apprécié le Musée Hokusai et ses 36 vues du Mont Fuji. Sa ligne vibrante et animale.






















 J’ai eu chance aussi de voir les poèmes des femmes poétesses dans le musée de Kyoto. 




Dîner dans l’intimité des izakaya servis par une dame âgée. Une ancienne geisha.Il me plaisait à rêver. Mais ce que j’ai surtout ressenti à Kyoto c’est le mot kanashibari qui veut dire incapable de bouger le petit orteil. En état de mi-somnolence. Une sorte d’immobilité à la Duras. Nous sommes restés une semaine entière à Kyoto. On a dormi sur des tatamis dans un hôtel style Ryokan dans le quartier d’Asakusa. À présent et pour la fin de notre voyage, nous sommes dans le quartier au nord de Shinjuku. Très résidentiel, mais pas loin de l’agitation. C’est l’aube et j’entends les oiseaux. Sans Joël, notre fiston, que l’on a surnommé monsieur GPS., nous aurions erré pas mal René et moi. Mais il va sans dire que nous avons erré malgré tout et c’est très bien ainsi. 

J’ai vécu par ailleurs, de loin, la révolution libanaise surnommée la révolution du Whatsup. Je reste en contact avec ma famille qui me transmet les nouvelles mais aussi par internet. 

Ce qui m’a le plus marqué ce sont les arbres, les forêts guérisseuses. On s’est nourris d’oxygène. J’ai adoré leur manière de placer des plantes devant l’entrée des maison pour l’accueil et la bonne fortune. 

Je t’envoie cher Claude ces premières impressions... à suivre ...



Amitié 

Nadine 

Claude R. Blouin est professeur de cinéma japonais, il est aussi romancier. Il nous a conseillés pour préparer notre voyage devenu un voyage initiatique à la découverte de l'extrême-orient.