Affichage des articles dont le libellé est peinture. Afficher tous les articles
Affichage des articles dont le libellé est peinture. Afficher tous les articles

jeudi 18 août 2016

Paula Modersohn-Becker


Paula Modersohn-Becker
L'intensité d'un regard
Musée d'art moderne de la ville de Paris


 
"Les femmes n'ont pas de nom. Elles sont un prénom. Leur nom est un prêt transitoire, un signe instable, leur éphémère... Elles s'inventent dans un monde d'hommes, par effraction."
Marie Darrieussecq





    
Ni une madame
Ni une odalisque
Ni une maman
Ni une putain
M.D

Paris, la ville qu'elle chérit, lui rend enfin hommage

Jeunes filles et paysannes











"En 1906, Rilke achète un tableau à Paula. Il choisit un petit portrait, d'un très petit enfant, avec de grosses joues qui pendent comme des gouttes, et la main de la mère posée immense sur une épaule." MD


Lettre à son mari
Demain je déménage 65 rue Madame







Lettre à son mari
Demain je déménage 14 avenue du Maine 

Elle meurt d'une embolie après avoir donné naissance à sa fille. À 31 ans








  

vendredi 21 mars 2014

Peter Doig, Pour qui sommes-nous étranger ?



Nulle terre étrangère. Peter Doig
Musée des Beaux-Arts de Montréal, jusqu'au 4 mai 2014

Pour qui sommes-nous étranger ?


Dès le départ nous sommes immergés dans une terre inconnue. Peter Doig n'est pas tout à fait étranger à la terre qui l'a vu naitre. Il faudrait mieux dire, la terre ne lui est pas étrangère. Ainsi comprend-on le titre de l'expo.
En effet, quand on étudie sa chronologie, on constate qu' il est né à Edimbourg, a voyagé avec ses parents à Trinidad à l'âge d'un an. Les premières images de Trinidad sont restées imprégnées dans son inconscient.
L'aspect onirique est très fort dans ses tableaux. On rentre dans ses toiles comme dans un demi-rêve.

Peter Doig peint des immenses toiles hors du temps. Souvent à partir de photos. 
Les personnages toujours immergés dans l'eau. Comme si l'eau avait effacé leur visage ou leur corps.

On le compare à Mark Rothko, l'expressionniste abstrait américain.

.Il peint des moments, comme des photographies 


Par exemple, une personne de dos qui longue le mur d'un cimetière. Tenant une ombrelle rose. Il peint le mouvement.

Le noir et le rose , présents dans ses toiles. La perspective interiorisée. Davantage de mer que de ciel évoque une densité dans la contemplation.




Dans la dernière salle, les affiches du Ciné-Club Studiofilm Club. Il fait les affiches des films qu'il projette dans le ciné-répertoire qu'il a tenu à Trinidad en collaboration avec Che Lovelace, des affiches très subjectives : Pierrot Le Fou - Nights of Casablanca- Le Mépris-Some Like It Hot- Pépé le Moko- Black Orpheus. Il les interprète en interpellant ses propres peintures. Y insère un canoë...
Il se donne des libertés subversives : une Catherine Deneuve noire dans Belle de jour.

Le "Studio Film Club" est un club de cinéma non-commercial organisé par Peter Doig et l'artiste Che Lovelace à Port of Spain, Trinidad, où l'artiste a vécu avec sa famille depuis 2002.


Il me vient à la mémoire le poème de Prévert Étranges étrangers

Esclaves noirs de Fréjus
tiraillés et parqués
au bord d’une petite mer
où peu vous vous baignez

Esclaves noirs de Fréjus
qui évoquez chaque soir
dans les locaux disciplinaires
avec une vieille boîte à cigares
et quelques bouts de fil de fer
tous les échos de vos villages
tous les oiseaux de vos forêts
et ne venez dans la capitale
que pour fêter au pas cadencé
la prise de la Bastille le quatorze juillet

Enfants du Sénégal 
dépatriés expatriés et naturalisés 

Étranges étrangers
Vous êtes de la ville
vous êtes de sa vie
même si mal en vivez
même si vous en mourez

Jacques PRÉVERT   Grand bal du printemps 
(La Guilde du Livre,1951 ; Éditions Gallimard,1976 )                                     

mardi 5 mars 2013

Camilla Adami

Camilla Adami donne une conférence à l'Institut italien de la culture à Montréal le 7 mars à 18h30
1200 ave. Dr. Penfield
À ne pas manquer.

Des tableaux de la peintre italienne Camilla Adami sont exposés à Montréal, dans le cadre de l'installation visuelle de la cinéaste Hejer Charf.
L'exposition intitulée "Le cinéma de Sisyphe- 100 x recommencé", se poursuit du 15 février au 17 mars 2013, à la Maison de la culture Plateau Mont-Royal.


L'oeuvre de la peintre italienne Camilla Adami a été exposée dans le monde entier. Entre autres, au Centre Pompidou à Paris, au Mexique, en Italie, en Chine, en Espagne, en Norvège... Elle a également exposé avec son époux, le peintre Valerio Adami à la Maison Elsa Triolet et Aragon et la Società Promotrice de Turin. Jacques Derrida, Michel Onfray, Jacques Dupin et d'autres écrivains ont écrit sur son oeuvre.


http://www.youtube.com/watch?v=DGS4twHBMdM&list=WLDC7D980D16135356

Camilla Adami et Hejer Charf à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal

dimanche 28 octobre 2012

L'étrange univers de George Tooker

Toucher la lumière








Il me hante depuis juillet 2011. De passage à New York, je l'ai découvert par hasard dans une Galerie de Chelsea,  la DC Moore Gallery qui rassemblait une importante collection de ses toiles. George Tooker a produit deux cents toiles seulement durant sa longue vie . Il venait de mourir en mars 2011 à l'âge de 91 ans. Une salle était consacrée à son cercle intime d'amis artistes peintres et de photographes. Le groupe se nomme PaJaMa, composé des deux premières lettres de leurs prénoms: Paul Cadmus, Jared French, Margaret French. Le New York des années quarante. Des photos en noir et blanc. Très suggestives. Le peintre est d'ascendance cubaine. Son style est désigné sous l'appellation de réalisme magique.


Des personnages aux regards effrayés, perdus dans la grande ville, solitaires, muets, non dépourvus de chaleur par contre. Ce qui frappe chez Tooker c'est son humanité. Il entoure ses personnages de compassion. Il les embrasse, les love, semble écouter leurs souffrances, car ils sont emmurés dans le silence, dans les couloirs du métro new-yorkais, ou enfermés dans des cubicules, des bureaux. Dans ses tableaux de la plage de Long Beach, qui n'existe plus aujourd'hui, il peint une faune de baigneurs avec leur famille, une foule métissée. Ou bien des toiles, telles des fresques, dignes de la Divine Comédie, où la pauvreté et la mort sont représentées. Univers kafkaïen, celui du Procès ou de L'Amérique. Labyrinthique.



Il y a quelque chose de transcendant dans les tableaux de cet artiste qui rejoint les fresques de Giotto. Un je-ne-sais-quoi  de sacré. Une lumière florentine. Un effroi transfigurant. Et malgré leur accoutrement contemporain, les personnages sont hors du temps. Entre Giotto et les sculptures grecques ou romaines.
Est-ce l'usage de la technique de la Tempera utilisée dans les peintures du Moyen Âge et de la Renaissance italienne qui renforce ce sentiment d'intensité  ? Il nous fait toucher la lumière du bout des doigts.