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jeudi 8 septembre 2011

Souad Labbize : J’aurais voulu être un escargot

J’aurais voulu être un escargot
(ou l’Histoire de Tonjaz Miracle) de Souad Labbize
éditions atlantica-Séguier, 2011.


Souad Labbize réussit dans son roman à dénoncer le sort d’une fillette qui grandit dans une société arabo-musulmane. Récit sensible et féministe écrit dans le souffle des conteurs arabes. Le Vieux conteur d’abord, puis nenna, la grand-mère répètent la légende de l’arche de Noé, ou récit des origines d’un peuple, transmise de génération en génération sur le mode oral. L’oralité en effet joue un premier rôle car elle marque le style de l’auteure. On assiste à l’islamisation d’une société sous les yeux interrogatifs de la jeune fille qui voit l’étau se refermer progressivement sur elle. Sa liberté est de plus en plus réduite. S’adressant à Mira, la tante partie, elle écrit : « si tu savais à quel point Toujaz Miracle (le nom de la ville mythique) a changé, qui reconnaîtrait ce pays envahi par une foi belliqueuse » ? alors que « la religion au même titre que nos coutumes, structurait nos vies sans pour autant les stresser ou à ce point les terrifier ». Aux conteurs des Mille et Une Nuits  se substituent les prêches enflammées des Imams qui désignent les catastrophes naturelles (le séisme) comme « signe de la colère de Dieu contre les rites paëns des habitants de Tounjaz Miracle ». Sans être un récit de lamentations, la narration est remplie de rires. Souad Labbize dessine une société pleine d’humour. Rires et drames se côtoient dans une écriture subtilement dosée.