mardi 3 juillet 2012

Épisode du kiosque à journaux de la rue Hamra


Kiosque rue Hamra (Beyrouth)
Je me rends vers le kiosque à journaux pour acheter L’Orient-le jour. Le vieux monsieur somnole. Je le réveille. Je trouve L’Express sur les Salafistes en Tunisie, pas d’Orient-Le jour. « il est épuisé » me dit le Monsieur aux petits yeux usés par la lecture. Pas grave, j’ai besoin de monnaie, je lui tends mon billet de 50 000 livres. Il lève les yeux : Tu veux l’Orient ? Oui, s’il vous plaît. Alors événement théâtral : il sort de son kiosque, traverse la petite rue Hamra en se dandinant, sûr de lui, vers la Librairie d’Orient. Il s’absente un certain temps. Puis revient, redandine vers son kiosque en slalomant à travers les autos comme il l’a toujours fait et pénètre dans sa petite roulotte de journaux. Victorieux, il me tend le journal. 
AUB (Université Américaine de Beyrouth) entrée prncipale
Je me prépare à partir en le remerciant. Il me dit : il manque quelques livres, il sort 3 000 livres. Je lui souris et me retire, avec le flot de souvenirs du quartier de mon enfance des années soixante-dix.

dimanche 1 juillet 2012

Retour aux urnes

Alors que les Grecs retournent aux urnes pour élire leur président
Je me prends à penser aux urnes de l'Antiquité. 
Aux jarres où l'on enterrait les morts. 
Je ne peux m'empêcher de penser 
Que nous avons aujourd'hui effectué un retour à l'usage des urnes.
Palais de Knossos- Crète

Ne préviligions-nous pas de plus en plus l'incinération à la mise en terre ?
Nous réservons les cendres dans des vases, nommés urnes qui sont souvent d'inspiration grecque. 
Salut de Crète
La Grèce reste notre source d'instiration en Occident. Je pourrais dire la même chose de la Phénicie. Les Phéniciens avaient recours aux mêmes rites d'enterrement. Je retrouve les ténèbres de la jarre... éternelle histoire. (Entre les fleuves)

lundi 28 mai 2012

Entre terre et ciel : x-fois gens chaise | FTA




Pour celles ou ceux qui n'y étaient pas préparés, la surprise était grande de voir des personnes âgées suspendues hors de leurs murs, flottant entre la terre et les nuages.
Hier, sur les murs des édifices rues de Maisonneuve ou de Saint-Denis à Montréal,
l'artiste Angie Hiesl nous a offert une performance-installation des plus inusitée intitulée
"x-fois gens chaise"  dans le cadre de du Festival du Théâtre des Amériques (FTA)


Absorbé par son quotidien

Lisant un livre

Réparant un transistor

Ne faisant rien

Lisant une revue

mardi 8 mai 2012

Poème traduit en Italien


IL NOME DI AGAR


A Hejer



Inizio maggio
Sostengo
Ben più duramente
La crudezza delle nascite
Della caduta delle foglie in autunno.
Ho visto il deserto
Mentre il mese di maggio procede.
Conservo in me un deserto
Un inverno dal quale non guarisco.
Non sono più capace di sofferenza, Agar
Non ho più paura di me.
Mi è difficile essere araba
Persino sostenere un’immagine a mio nome.
Mi è difficile essere fiera
Amare
O smettere d’amare.
Le onde del deserto avanzano
La carovana di vuoto mi libera
Mi pervade in pace.
Tra le mie mani
Le migrazione della sabbia
E il mutamento
Scritto nel tuo nome.
Gli alberi spogli della primavera fredda
Rivestono la coltre verde tenue
E nella assoluta privazione
Dei passi sorgono sulla sabbia.
Nadine Ltaif
(traduzione di Franca Gordiano)

 extrait du Livre des dunes, éditions du Noroît, 1999



Nadine Ltaif ha lavorato al film Les Passeurs come assistente di Hejer Charf e come coordinatrice di produzione. Ha trascorso la sua infanzia in Libano e vive a Montréal da più di venti anni. Ha pubblicato quattro raccolte di poesie, tra queste Le livre des Dunes (Edition du Noroit), da cui è tratta la poesia il nome di Agar, dedicata alla regista Hejer Charf.

samedi 5 mai 2012

Les Métamorphoses d'Ishtar (video)

La lecture lors du lancement du livre Les Métamorphoses d'Ishtar en anglais dans la traduction de John Asfour, 27 novembre 2011 à Toronto organisé par les éditions Guernica.

http://www.youtube.com/watch?v=pLI2m_wMjpU





mardi 24 avril 2012

Expo : Dans le visage des villes



Dans le visage des villes

Le Cénacle culturel Liban-Québec et la Galerie Mekic présentent une exposition intitulée "Dans le visage des villes" accompagnée de musique et de poésie.

Date : 28 avril - 27 mai 2012
Lieu : Galerie Mekic - 4438, rue de la Roche, Montréal (entre Marie Anne et Mont-Royal)
Des peintres et des photographes d’ici exposent images et visages de leur vécu et de leurs rêves : d'origine iranienne, jordanienne, libanaise, marocaine et québécoise, ces artistes tissent les liens entre mémoire, imaginaire et sens. Dans leurs toiles et leurs photos ils disent leur amour des villes et des hommes, mais aussi leur colère et leur volonté de changer.
Cette exposition n’aura pour thème que les villes et les visages, l’amour et la colère, la mémoire et l’avenir, le temps mouvant que les artistes fixent pour mieux nous laisser rêver. Elle n’aura pour thème que l’essence de ce que nous sommes aujourd'hui.
Calendrier :
28 avril à 17h : Vernissage
4 mai à 19h : Lecture de poésie
Avec les poètes : Martine AudetPaul BélangerBrian CampbellCarole ForgetNancy R. LangeMona Latif-GhattasIlona MartonfiRodney Saint-Éloi et Ouanessa Younsi, accompagnés du musicien Nizar Tabcharani.
25 mai à 19h : Concert de musique ancienne
Avec Hélène Martinez et l'ensemble de musique sépharade ESEM


contact:




jeudi 5 avril 2012

article sur Hejer Charf




La photo est prise dans un très joli parc à Outremont que j'aime beaucoup.
Un lieu de lecture et de méditation.


Un article sur Hejer Charf paru dans Tunisvisions



samedi 10 mars 2012

La bande dessinée engagée



Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle, éditions Delcourt, 2011
Cette histoire se passe de Mazen Kerbaj, Tamyras, Beyrouth, 2011
Comment comprendre Israël (en 60 jours ou moins) de Sarah Glidden, Steinkis, 2010








J’ai toujours aimé la bande dessinée. Ado, toute jeune, et plus jeune encore. Pour nous familiariser, dans un contexte ludique, avec la langue arabe, notre prof de neuvième nous proposait de lire ce que nous aimions, et je demandais des «Loulou», traduits en arabe. Rien de mieux pour apprendre une langue. Plus tard je me gavai des Astérix avec son liminaire, « nos ancêtres les Gaulois »,  Astérix légionnaireaux jeux Olympiques, et Cléopâtre étaient mes albums préférés. Puis en classe de quatrième, je fus récompensée du prix d’honneur : je reçus deux album de Claire Bretécher de la série « Les frustrés » accompagnés de ces propos  de la directrice : «Nous l’avons choisi selon votre caractère» . J’essaie jusqu’à aujourd’hui de décoder son message. 



C’est récemment, après les révolutions arabes du printemps 2011, que je me suis intéressée à la BD engagée. D’abord en lisant les caricatures des dessinateurs de Tunisie, d’Algérie ou d’autres pays ; entre rires et larmes, cela allégeait la douleur et permettait de rire des tyrans, ce qui assurait une mise à distance salutaire vis-à-vis ces bouleversements. 

Chroniques de Jérusalem de Guy Delisle, récompensé au dernier festival d’Angoulême, arrive au bon moment pour pointer du doigt tout ce que vous avez toujours voulu savoir au sujet des deux solitudes israélo-palestiniennes. Il informe autant qu’il critique. Dessins naïfs et paysage graphiquement bien croqués, il s’inscrit dans la lignée de la BD réalité. 
Son blog fait d’ailleurs les liens entre le réel et la fiction, puisqu’il y a mis en vis-àvis clichés photographiques et illustrations.
Il dessine comme il photographie. «J’écris avec mes yeux » disait Gertrude Stein. La BD est aussi cet exercice d’observation : sa série de patriarches qui distinguent les différentes confréries : orthodoxe, copte, arméniens, etc… Sa femme qui travaille à Médecins Sans Frontières sera coincée à Gaza durant l’épisode du bombardement. L’événement est amené d’une manière si réaliste, on pense à l’écriture d’un journal. Avachi devant la télé en train de manger des "munchies", il reçoit la nouvelle diffusée en direct et de sa femme au bout du fil : « Eh ben ! » s’exclame-t-il surpris, mais sans perdre son sang-froid, à la québécoise. Il note les injustices entre les deux Jérusalem : Est et Ouest. Les services donnés aux colons et non aux Palestiniens, tels l’eau, le ramassage des ordures. Il note aussi les points communs entre les deux peuples. Une bande dessinée qui a largement mérité son fauve d’or!



Le regard de Guy Delisle, regard extérieur sur la situation est bien différent de celui d’un autre bédéiste qui me fait mourir de rire : Mazen Kerbaj. Dans Cette histoire se passe , Mazen Kerbaj rassemble des strips parus dans les journaux libanais: Al-Akhbar (arabe) et  L’Orient-Le jour (français). Les mêmes personnages reviennent : deux bourgeoises qui comparent leurs bonnes srilankaise et philippinoise, un petit garçon dans un camp de réfugiés palestiniens qui questionne sa mère sans arrêt, un chauffeur de taxi qui ne fait qu’un trajet, celui de se rendre à Hamra, l’ancien centre-ville d’avant la guerre, et les avions israéliens qui passent et repassent dans le ciel libanais, etc… Mazen Kerbaj démontre l’archaïsme des mentalités avec un humour mordant et un dessin brouillon que j'adore.





Une troisième BD sur laquelle je me penche est celle de Sarah Glidden Comment comprendre Israël en 60 jours (ou moins).
Album récompensé en 2010 par le prix Ignatz Awards (Talent le plus prometteur). Lucide, Sarah Glidden se rend en Israël dans le cadre de Taglit (programme mondial pour un séjour gratuit offert aux jeunes Juifs qui n'ont jamais visité le pays). On ne le répète pas assez : beaucoup de Juifs sont contre leur gouvernement et luttent en faveur de la paix entre Palestiniens et Israéliens. La BD participe à cet activisme. Dans son récit sous forme de journal, Sarah, qui se met en scène, n’hésite pas à questionner la société et à dénoncer les injustices : les colonies, les inégalités entre les communautés…. Elle décrit les faits tels qu’elle les perçoit, se sent déchirée dans sa conscience et résiste tant que possible au lavage de cerveau propagandiste des présentateurs et guides. Elle essaie de comprendre ce qui s’est passé, C’est encore l’histoire qu’elle interroge : "Alors c’est donc ça ? cette terre qui a fait couler tant de sang et causé tant de conflits ? ". Des associations surréalistes font allusion aux fourmis colonisatrices qu’elle observe sur le sol. " Pourquoi raser les maisons des gens ? Et continuer à construire des colonies ? Ça ne fait qu’empirer les choses." Le graphisme est détaillé : des paysages peints  à l’aquarelle (certaines très belles) informent le lecteur sur le conflit du point de vue israélien. Il me faudra également lire Palestine de Joe Sacco pour voir les choses du point de vue palestinien. .... La Bd réalité fait bouger le monde. 




mardi 6 mars 2012

Sisyphe.org - Parcours d’une cinéaste indomptable, Hejer Charf


Hejer Charf. Photo : Nadine Ltaif

Il est difficile de décrire une cinéaste qui porte en elle le nom du désert et par la même occasion celui de l’exil. Hejer en arabe « hajara » signifie celui qui émigre, ou celui qui part. Exode d’Agar exilée dans le désert et mère d’Ismaël. 
Lire la suite:
Sisyphe.org - Parcours d’une cinéaste indomptable, Hejer Charf

samedi 3 mars 2012

Hejer Charf et Maïr Verthuy à la Maison de la culture Plateau Montréal


Extrait de la conversation entre Hejer Charf et Maïr Verthuy à la Maison de la culture Plateau Montréal le 27 novembre 2011 et où il est question du dernier film d'Hejer : Where Have All the Flowers Gone  suivi d’un extrait du film :

Conversation :
http://www.youtube.com/watch?v=uBe0SE8Oeos&feature=youtu.be

Extrait du film :

http://www.youtube.com/watch?v=d2bA7PpiA-k&feature=youtu.be


mercredi 15 février 2012

Histoires minuscules des révolutions arabes

Nous avons  le plaisir d'annoncer la parution du livre "Histoires minuscules des révolutions arabes" (le 2 mars 2012) dirigé par l'écrivaine Wassyla Tamzali . Hejer et moi avons collaboré avec deux textes, Hejer y a aussi réalisé un reportage photos de Tunisie. 

[...] Mais pourquoi Histoires minuscules ? Pourquoi choisir de raconter les révolutions par des histoires singulières ? Parce que les révolutions sont ar- rivées par la grâce de héros minuscules, et que si elles existent c’est par leur vertu de mettre enfin l’homme – la femme – au centre du devenir arabe, chassant Dieu et la Nation. [...] Pour de nombreux héros minuscules de ce livre c’est un commencement. C’est la première fois que l’une fait l’amour, que l’autre parle, et que ce vieux, très vieux cairote né pendant la révolution de 1919 conduite par le Warf, rejoint les autres, sort de sa solitude et se dirige en fauteuil roulant dans son costume de marié vers la Place Tahrir pour rejoindre les autres avec qui, enfin, il fait un.
Ce livre est, en effet, un voyage initiatique au coeur des Révolutions arabes. Son ambition et sa force ne sont pas de répéter ce qui s’est dit partout ailleurs sur ces boule- versements, mais de creuser au fond du secret de l’intime, de l’inavoué, de l’imaginaire de chacun des auteurs. Une belle et étrange excursion sous le prisme de quarante et une subjectivités pour regarder naître, se chercher, se ré- fléchir, réfléchir le monde dans lequel elles ont vu le jour, ces révolutions qui demeurent, malgré tout, aussi extraor- dinaires qu’inédites.

www.chevre-feuille.fr Diffusion France : Albouraq/La Soddil Diffusion Canada : L’Arche du livre Diffusion Algérie : Inasen diffusion