mardi 15 octobre 2013

Carmen Boustani, La guerre m’a surprise à Beyrouth




Sous l’horreur des bombardements de juillet 2006 au Liban, Carmen Boustani s’interroge sur cette guerre faite par les hommes et pour les hommes. Une guerre dont, comme dans toutes les guerres, les femmes et les enfants paient le prix. Carmen Boustani, professeure et essayiste, est connue pour ses publications sur l’écriture au féminin.
Une femme marche, revêtue seulement de sa dignité, à travers la ville détruite, effacée. Des populations démunies attendent les bateaux affrétés pour les transporter dans leur pays d’exil. Carmen Boustani dresse une fresque de l’exode des ressortissants libanais dans l’attente des navires qui viendront au secours des survivants.
L’écriture est un travail qui nous force à vaincre nos peurs. C’est ainsi que la guerre va pousser Yasmina, la narratrice, à aller plus loin dans la découverte de l’autre (et d’elle-même). Elle acceptera d’accompagner les journalistes dans le Sud dévasté, elle visitera Tyr meurtrie. Je ne peux m’empêcher de penser au film « Je veux voir » de Joana Hadjithomas et Khalil Joreige où Catherine Deneuve s’aventure jusqu’aux frontières sud du Liban.
Aucun roman à ma connaissance n’avait encore relaté ce triste épisode de l’histoire du Liban : la guerre de juillet 2006 entre Israël et le Hezbollah.
La maison de Yasmina, la narratrice, sera le refuge de tous ces exilés survivants. Lama (l’amie de Yasmina) avec sa fille, qui partira en Grèce. Salma qui est remontée à pieds vers Beyrouth, n’ayant pu prévenir personne et sauvant sa peau.
Carmen Boustani parvient à décrire avec réalisme l’atroce tragédie qui a anéanti toute une région.

Pour survivre à l’horreur ? Yasmina concocte des mets directement sortis des livres de Colette. Les écrivaines et leurs recettes culinaires sont constamment présentes dans le roman de Boustani : les desserts d’Alice Toklas, les ragoûts de Colette. Et puis, il y a les mots, les mots analysés, dégustés, décortiqués au fil des pages. La narratrice s’installe devant son ordinateur : les mots « identité », « crime », ou bien le mot « saliver ». Elle questionne, goûte aux mots devenus matière vivante.
Il y a des passages bouleversants, tel celui de la mendiante qui sonne de porte en porte pour offrir contre une aumône un air de flûte.
D’autres, d’un comique presque caricatural : en pleines funérailles, une conversation « de femmes » : « ton tailleur est de chez… j’ai exactement le même ». Des Libanaises qui continuent malgré leurs malheurs à extraire de la beauté de leur quotidien et font ressusciter le Liban sous les absurdes bombes qui continuent de pleuvoir.
La narratrice, telle une magicienne, décrit « les aubergines dans leurs robes noires », les odeurs et parfums de thym de cet étonnant Liban, se délecte des mots qu’elle boit comme «les paroles d’une bouche aimée ». Enfermée chez elle, elle a le temps de revisiter son enfance, les photos de son grand-père, les vacances dans son village, le collège d’Antoura qui a logé Lamartine. Nous sommes emportés dans la lecture de ce récit fluide et sans complaisance qui nous révèle le talent caché d’une romancière.
Un récit écrit comme une résistance, une survie et qui fait un pied de nez aux artisans du malheur.
La guerre m’a surprise à Beyrouth, roman de Carmen Boustani, éditions Karthala, 2010, 251 p.











dimanche 8 septembre 2013

El entierro del conde de Orgaz de El Greco


À la mémoire de mon père


La visite deTolède, royaume déchu, je la dédie à la mémoire de mon père. Devant le chef-d'oeuvre d'El Greco, El entierro del conde de Orgaz, je reste figée, assistant à l'ascension de l'âme du Comte à la manière d'une résurrection du Christ. Le tableau résume une émotion. Devant ce tableau, quelqu'un a pu vivre une conversion. Non pas à une religion ou une autre. Plutôt à une expérience mystique comme a dû la vivre Sainte-Thérèse d'Avila ou al-Hallaj  . Une transfiguration qui naît après une longue méditation. Ce moment je l'ai vécu à la mémoire de mon père, qui  a quitté son corps terrestre il y a quatre mois exactement. C'est ainsi que la visite de Tolède devient un pèlerinage à la mémoire des huit cents ans de vie paisible entre les trois religions. 











jeudi 29 août 2013

Salles obscures disparues


À l'enseigne de la Sainte-Catherine

L'exposition photographique de Gabor Szilasi À l'enseigne de la Sainte-Catherine nous rappelle que toutes les salles du 7e art que nous aimions fréquenter ont disparu. Que dire alors du cinéma d'art et d'essai ! Le cinéma a besoin de lieux, d'espaces voués à la culture et à l'échange. 
Au coin des rues Clark et Sainte-Catherine Ouest vous pouvez voir jusqu'au 29 septembre 2013 les photographies du passé de la rue Sainte-Catherine. 












mercredi 7 août 2013

Anagramme d'une chaise



Joanne Germain, agente culturelle de la Maison de la culture Plateau-Mont-Royal, n'a pas voulu faire ses adieux aux chaises de la salle de spectacle sans leur rendre hommage. Elle a organisé une installation en nommant l'artiste Louise Viger commissaire pour l'expo qui a pour thème et objet Les chaises. Ces dernières sont alors questionnées, imaginées, recyclées, magnifiées ou détruites comme une métaphore de l'acte de création.  Beauté, laideur, douleur, rire, érotisme, cosmos ou retour à la terre, lorsqu'on visite l'exposition "Anagramme d'une chaise" on s'offre un moment de réflexion.
Pierre Blache, Nul n'est prophète

Entre solitudes et dialogues, les chaises se questionnent. La photographe  Raymonde April refait une chaise à neuf. Les chaises de Martine Audet valsent dans son recueil de poèmes Orbite terrestre ou spatiale. "Qu'est-ce qu'une chaise" ? écrit la poète :"Chaque nuit/ détruit/ la chaise".


Martine Audet, La chaise ne me demande rien

























On entend deux coeurs battre lorsqu'on s'y assoit : ce sont les chaises qui conversent, de Bertrand R. Pitt. Oeuvre interactive. Pour André Greusard (l'artiste éclairagiste du lieu ) et Michel Tétreault,  des extraits de la Septième symphonie d'Anton Bruckner et des bribes d'entrevue de l'astrophysicienne Caroline Porco, sont activés quand le visiteur marche sous l'oeuvre. Une chaise devenue minuscule rappelle la fragilité de notre monde.



La chaise est recyclée en piano pour Christiane Desjardins.
Christiane Desjardins, Ils se sont découverts

















Le dossier de la chaise transformé en livres dechiqueté en forme de queue de paon pour l'éditeur de livres d'artiste, Jacques Fournier.
Pour Denise Desautels , la vision géante de la chaise populaire aspire à devenir une oeuvre d'art parmi les Chaises de Michel Goulet au parc Lafontaine. 
Miche Despatie nous le montre en train d'installer ses célèbres chaises au dit parc.
La chaise sans dossier de Louise Viger (commissaire de l'expo) accueille des hérissons, le regard rivé sur un paysage lyrique ( titre : Le grand air, opéra pour hérisson)
Louise Viger, Le grand air, opéra pour hérisson

La chaise devient acrobate (Claude Arseneault ), abeille (Marc Garneau), politique dans l'humour grinçant de Pierre Blache (Nul n'est prophète) en visite en Chine, il dédie LA chaise au dissident chinois Liu Xiaobo, prix Nobel de littérature, en l'insérant parmi les sièges de l'opéra de Pékin .
Jacques Fournier, Fleuron d'été
En entrant et sortant de la salle, et en boucle, le film Rêve d'une chaise de Hejer Charf, évoque un rêve érotique envoûtant,  dans le murmure de mots arabes chantonnés dans la salle, insistant sur la liberté de l'imaginaire, de nos jours menacée de censure dans certains pays de notre planète.

Hejer Charf, Rêve d'une chaise




On peut voir un video de 37 minutes monté par Stéphane Dionne, où quelques artistes parlent de leur rapport au le lieu , la Maison de la culture, et de leur chaise recréée. 



ARTISTES PARTICIPANTS


Kiran Ambwani, Raymonde April, Martine Audet, 

Claude Arseneault, Michèle Assal, Christian Barré, 

Khosro Berahmandi, Pierre Blache, Hejer Charf, 

Caroline Cloutier, Lucienne Cornet, Yvon et Monic Cozic, 

Noë Cropsal, Michel Dépatie, Denise Desautels, 
Marie-Suzanne Désilets, Christiane Desjardins, Patrick Dionne, 
Stéphane Dionne, Lalie Douglas, Gilbert Duclos, 
Suzanne Dubuc, Serge Fisette, Jacques Fournier, 
Marc Garneau, Miki Gingras, Kakim Goh, Michel Goulet,
André Greusard, Horta van Hoye, Emmanuelle Jacques,
Harlan Johnson, Éric Ladouceur, Laurent Lamarche, 
Éric Lamontagne, Françoise Lavoie, Jean-François Leblanc, 
Louise Mercure, Allison Moore, Serge Murphy, 
Julie de Oliveira, Violène Ponce, Bertrand R. Pitt, 
Ianick Raymond, Étienne Rochon dit Arthur Desmarteaux, 
Geneviève Turcotte, Eric Sauvé, Rafaël Sottolichio, 
Michel Tétreault, Sarla Voyer, Louise Viger, Loren Williams.

ENTRÉE LIBRE

Jusqu'au 25 août 2013
Maison de la culture Plateau-Mont-Royal
465, avenue du Mont-Royal Est.

VENTE AUX ENCHÈRES PUBLIQUE : Jeudi 22 août 2013, 18 h
(Animation : Gilles Daigneault)










vendredi 19 juillet 2013

Tombé hors du temps de David Grossman





Qu'aurait-il été possible à David Grossman d'écrire après son roman Une femme fuyant l'annonce ? Je me suis même posé la question à savoir s'il avait écrit Tombé hors du temps avant son roman. Mais non, il l'a écrit cinq ans plus tard. Encore heureux de pouvoir écrire après une telle tragédie : la mort de son fils à la guerre. Peu importe le nom de cette guerre. Peu importe l'origine ethnique du fils ou du père. Pas plus que les motivations qui ont poussé le fils à s'engager. Toutes les guerres sont ignobles et sales. Toute guerre est antique et contemporaine. Antique et authentique est le cri poussé par l'écrivain dans ce poème hybride : un récit à plusieurs voix, aux sonorités bibliques, grecques ou,  par moment, shakespeariennes. Avec un cortège de personnages, humains ou mythologiques, l'homme qui marche, la femme, le centaure, le cordonnier, la sage-femme, le vieux professeur de mathématiques, … ou le chroniqueur qui fait penser au choeur dans les tragédies d'Eschyle et qui résume les faits au Duc. Mystérieux personnages qui offrent leur voix à la douleur. 
Tous, unis dans la recherche de leur enfant mort. 
J'ai mis du temps avant de pouvoir écrire sur ce livre qui me faisait mal chaque fois que je l'ouvrais. 
Des mots de blessé à mort. Des mots qui ne consolent pas et qui vont hanter l'écrivain de livre en livre, en quête d'exorcisme. L'homme et sa femme, la mère de l'enfant mort interchangent les rôles et le sexe. On ne raisonne plus quand la douleur est trop grande. 



L'homme qui marche

Comme lorsque l'embryon se détache de l'utérus
Et du corps de la mère,   
Sa mort a fait de moi le père
Que je n'avais jamais
Été - 
Elle a provoqué
En moi un trou, une blessure
Et un vide, mais elle m'a aussi rempli
De son être,
Qui jaillit depuis lors en moi
Avec une profusion
Inédite -
Sa mort
M'a rendu
Apte
À le porter.

Sa mort 
Fait de moi une enveloppe
Vide de père, et aussi
De mère -
Sa mort, 
Me dote de seins
Pour qui ne tétera pas
Et sur les parois de mon utérus creusé
Ce jour-là
Sa mort grave avec les ongles
D'un prisonnier évadé
Le décompte des jours  
Sans lui.

Ainsi, avec un ciseau transparent,
Sa mort incise en moi une nouvelle :
Celui qui a perdu un enfant
Est éternellement 
Une femme.


Ce cortège questionne la mort elle-même quand ces errants s'adressent à leur enfant :


L'homme qui marche

Je t'instruisais
Sur le monde
Et ses secrets,
Et pardonne-moi, je te prie, pour cette question
Qui te paraîtra peut-être stupide...
Qu'est-ce que la mort, mon. Fils ?
...

Ou 

Le Cordonnier 

En fait, je voulais
Te demander comment c'est,
Ma fille, quand on est mort.
Et comment c'est pour toi
Là-bas.
Et qui tu es
Là-bas.


J'ai écouté la mise en lecture du récit au festival d'Avignon dans une émission de France culture mais je ne l'entendais pas ainsi en le lisant dans mon silence. L'interprétation me semble trop retenue ou bien suis-je trop grecque, arabe, orientale moi-même pour comprendre cette interprétation.

En terminant la lecture je lis deux dates 2009-2011. Long labeur d'écriture. Long acouchement.




Tombé hors du temps, récit pour voix, David Grossman, traduit de l'hébreu par Emmanuel Moses (Seuil), 204 p.

Une femme fuyant l'annonce, roman de David Grossman, traduit de l'hébreu par Sylvie Cohen, Seuil, 666 p.



dimanche 23 juin 2013

Roxy




Je ne connaissais pas Roxy quand je l'ai vue une première fois sur le toit de notre immeuble à la fin de l'hiver. Revêtue de mon imperméable, j'allais m'affaler sur une chaise longue. Elle était avec son ami Bobby, un cocker doré. Un chien émotif qui pleure dès qu'il vous voit. Il vous assaille de ses gémissements jusqu'à ce que vous lui prodiguez  un câlin. 
Mais Roxy, la belle Beagle dont je ne soupçonnais pas les talents, me fixe de son regard perçant, se rue sur moi, fourre son museau dans la poche de mon tranche-coat pour en extraire mon bonnet de laine grise et le présente devant moi sur la chaise, fière de son exploit. Je suis surprise et bousculée par tant de hardiesse et par la subtilité de son odorat. Elle part retrouver son ami. Puis à nouveau, sans même me fixer cette fois, elle m'attaque et je dois protéger mes deux poches car elle a senti mon mouchoir en papier. Qu'est-ce qu'elle va déterrer encore? J'ai su par la suite que les Beagle étaient élevés à chasser le gibier, et ce depuis des décennies. Leur flair est puissant. Je suis charmée, séduite par son allure espiègle et sa rapidité.







samedi 15 juin 2013

Salomé




Salomé sur un texte de Oscar Wild. 
Réalisé par Werner Schroeder, 1971, Allemagne de l'Ouest, 81 min. Avec : Mascha Elm-Rabben, Magdalena Montezuma, Ellen Umlauf. En allemand avec sous-titres anglais.

Stylisé à mort et dans le somptueux site de Baalbek. Que dire, sinon, la danse des sept voiles qui marque le film. Salomé est revêtue de voiles blancs apportés par des femmes bédouines toutes voilées de noires. Un ensemble musical l'accompagne composé de deux bédouins, un à la Rababa, instrument à corde typiquement libanais et d'une darbouka. La troisième personne est une vieille chanteuse tatouée au menton, qui crie un mawwal ou plutot muwashahat. Salomé danse et rejette ses sept voiles. Il faut dire que la pièce est en allemand entrecoupée de tirade en arabe littéraire, non sous-titré. 


vendredi 3 mai 2013

Un dieu qui danse : les romans de Imane Humaydane


J'ai lu deux livres de Imane Humaydane traduits de l'arabe: Mûriers sauvages et D'autres vies.



Dans ses deux livres, Imane Hymaydane dénonce la condition de la femme arabe. Dans Mûriers sauvages, Sara, l'enfant qui ne parle pas. Née dans l'univers machiste des hommes, d'un père dont elle craint la colère, la jeune fille observe, regarde, rarement prend la parole, dans le village druze aux coutumes très bien décrites.
Un monde aux mentalités inchangées qui vit au cycle des saisons,  dans le domaine des vers à soie du grand-père. Les Druzes ont un secret bien caché dans leur Livre de Sagesse enfermé à double tour dans un placard, la clé enfouie entre les seins de la tante de Sara. Les Druzes croient en la métempsycose , ils ne croient pas à l'enfer, "vous disparaissez dans l'au-delà pour revenir presque aussitôt ici-bas". Un livre réservé aux initiés.
Imane Humaydane dans le Vieux-Montréal
lors de son passage à Montréal
photo : N. L. 

C'est ainsi que la narratrice D'autres vies revient au Liban, le lieu de sa naissance, comme un retour sur terre. Tous les expatriés ressentent cette sensation un jour ou un autre, avant qu'un autre lieu d'appartenance naisse en eux. Quand un autre espace fera "sens pour eux.


Dans D'autres vies, le récit se déroule dans trois pays. Au Kenya , en Australie et au Liban. À Beyrouth où la narratrice retourne sans pouvoir déterminer si elle pourra y rester ou repartir.
Beyrouth, la ville éraflée, aux cicatrices encore prêtes à se rouvrir pour laisser couler les épreuves du passé. Comme beaucoup d'autre expatriés, Myriam peine à croire que la guerre est finie et qu'il n'y aura plus ni peur, ni barricades. Le plus douloureux est l'absence des disparus, "pas morts, pas en vie, entre deux demeures". Un peu comme Myriam qui ne sait plus quel lieu "fait sens pour elle" . Est-ce son instabilité qui cause son angoisse ou est-ce dû à la guerre ? A-t-elle le droit de se souvenir, elle qui est partie et qui ne l'a pas vécue ? Elle se remémore le passé, alors que ceux qui sont restés ont réussi à l’oublier. Elle aspire à une vie qui recommence à zéro pour pouvoir admirer un "soleil qui ne lui rappelle aucun hier, aucune guerre". Elle est elle-même une absente, une disparue, qui réapparait tel un fantôme.  Elle cherche à travers ses nombreux  amants le plaisir du retour à la vie. La narratrice parie sur l'amour et échoue. Entre Chris, l'Occidental, et elle, deux mondes étanches. Est-ce la langue qu'elle ne partage pas pleinement avec lui, qui crée ce gouffre ? Et Nour, le Libanais intellectuel qui lui inspire une passion dévorante ? Pourra-t-elle le retenir ?

Trouver un sens à l'existence, telle est la quête de Myriam, malade du souvenir de la guerre. Elle réussit à s'en affranchir par le rire, le jeu, ou en chantant les chansons d’Asmahan. Le nom de la chanteuse Asmahan que sa mère n'avait pas réussi à lui donner à sa naissance. Une mère muette, car incapable de mentir, elle avait choisi le silence.
"Il est difficile de croire en un dieu qui ne danse pas" écrit la narratrice en citant Nietzsche.
Si les personnages des romans de Imane Humaydane choisissent de se taire, l'écrivaine, elle, choisit l’écriture pour donner une voix à leur existence et leurs histoires.








Imane Humaydane, Mûriers sauvages, Paris, Verticales, 2007
traduit de l'arabe (Liban) par Valérie Creusot


Imane Humaydane, D'autres vies, Paris, Verticales, 2012
traduit de l'arabe (Liban) par Nathalie Bontemps