mardi 5 mars 2013

Camilla Adami

Camilla Adami donne une conférence à l'Institut italien de la culture à Montréal le 7 mars à 18h30
1200 ave. Dr. Penfield
À ne pas manquer.

Des tableaux de la peintre italienne Camilla Adami sont exposés à Montréal, dans le cadre de l'installation visuelle de la cinéaste Hejer Charf.
L'exposition intitulée "Le cinéma de Sisyphe- 100 x recommencé", se poursuit du 15 février au 17 mars 2013, à la Maison de la culture Plateau Mont-Royal.


L'oeuvre de la peintre italienne Camilla Adami a été exposée dans le monde entier. Entre autres, au Centre Pompidou à Paris, au Mexique, en Italie, en Chine, en Espagne, en Norvège... Elle a également exposé avec son époux, le peintre Valerio Adami à la Maison Elsa Triolet et Aragon et la Società Promotrice de Turin. Jacques Derrida, Michel Onfray, Jacques Dupin et d'autres écrivains ont écrit sur son oeuvre.


http://www.youtube.com/watch?v=DGS4twHBMdM&list=WLDC7D980D16135356

Camilla Adami et Hejer Charf à la Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal

jeudi 28 février 2013

L'Orient méditerranéen dans la poésie de Nadine Ltaif






Antoine Sassine
Mont Royal Collage, Calgary, Canada




Il y a dans la poésie de Nadine Ltaif à la fois une inquiétante douceur et une lumineuse clarté. Pour mieux pénétrer dans l’intimité de son univers poétique, il est important de souligner l’aspect hautement autobiographique qui l’imprègne et les métamorphoses intérieures vécues ou subies par le moi grâce à l’apport bénéfique de certains mythes fondateurs.

Une lecture attentive révèle que sa poésie s’ouvre souvent sur l’angoisse de l’exil mais aboutit toujours à un sentiment de bien-être fondamental. On ne tarde pas à s’apercevoir que Ltaif, rebelle plutôt que résignée, attentive aux impulsions les plus secrètes de son moi intime, possède cette force de transformer la douleur en énergie créatrice qui, grâce à l’évocation des mythes connus en Orient méditerranéen, transfigure et dynamise son existence d’un nouvel enracinement régénérateur.

En parcourant les quatre premiers recueils poétiques qu’elle a publiés, on trouve un extrait significatif qui révèle et résume parfaitement le cheminement et l’aboutissement de son parcours poétique :



Mon imagination séduite, infidèle, et ma soif de mémoires anciennes jamais répue, toujours débordante comme un fleuve. La rivière du rêve m’entraîne. Le berceau des mythes m’ouvre le Livre d’infini de l’écriture qui console. Une solitude que tu savoures enfin ! (EF, 30).


Abstract: The imaginary world of Lebanese Canadian exiled poet Nadine Ltaif is rooted in the context of middle-eastern geography and mythology. Any attempt at understanding her poetic experience must be anchored in Mediterranean symbolism. This article explores the theme of exile in the poetry of this poet and identifies four essential mythological figures: Ishtar, Phoenix, Agar and Hecate. Ltaif invokes these symbols and reconstruct their metaphoric meanings in order to seek a metaphysical remedy for her anguish. The analysis of these Mediterranean symbols reveals a metaphysical process or a quest which begins with the exploration of the anguish of uprootedness and exile, reaches an emotional catharsis that desperately searches for a emotional refuge and finally leads to the emergence of a feeling of liberation and plenitude.

vendredi 15 février 2013

Installation visuelle de la cinéaste Hejer Charf


LE CINÉMA DE SISYPHE
100 x RECOMMENCÉ

Installation visuelle de la cinéaste Hejer Charf


Hejer Charf expose des vestiges d’un scénario qui n’est pas devenu film. À chaque projet, la cinéaste reprend la route de l’aventure et continue inlassablement son chemin, avec une seule et même idée constamment renouvelée: produire et réaliser des films.

Contaminations, deux diptyques de Camilla Adami font partie de l'installation visuelle. La peintre italienne plonge son regard dans les zones d’ombre de nos corps et porte le beau par-delà l’intelligence convenue. “Je me sentais vulnérable, assailli par une autre espèce de vérité.”, a écrit Jacques Derrida à propos de son oeuvre.

Camilla Adami parlera de sa peinture le jeudi 7 mars à 18h30, à l’Institut culturel italien de Montréal.

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Notice biographique

Hejer Charf est réalisatrice, productrice, fondatrice de Nadja Productions. Elle a réalisé des documentaires, plusieurs courts et moyens métrages et le long métrage Les Passeurs qui a reçu le Sceau de la Paix de la Ville de Florence en Italie.
Elle a produit les spectacles de l'actrice française Anna Karina et de Philippe Katerine au Québec, ainsi que le film Victoria écrit, réalisé et joué par Anna Karina.
La poète Nadine Ltaif est assistante sur les projets de Nadja Productions depuis la création de la société.



http://www.iicmontreal.esteri.it/IIC_Montreal/webform/SchedaEvento.aspx?id=335&citta=Montreal


http://www.accesculture.com/activite/Le_cinema_de_Sisyphe___100_X_fois_recommence


www.hejercharf.com
nadja@ca.inter.net







jeudi 24 janvier 2013

Etel Adnan, au coeur du coeur d'un autre pays

Au coeur du coeur d'un autre pays, Tamyras, Beyrouth, 2010


Poète, romancière, peintre, Etel Adnan dont l'oeuvre traverse le vingtième siècle nous convie à une fiction autobiographique qui mêle souvenirs et réflexions sur la création et l'écriture. Les fragments en prose, dont les titres reviennent, vagues répétitives qui ramènent avec elles les vestiges des mers et des océans. Car on oscille entre les mers de Méditerranée : Grèce-Liban, et l'océan Pacifique : la maison de Californie où elle a vécu cinquante ans.


Etel Adnan
décembre 2012
(photo : Nadine Ltaif)
Un thème revient au long des pages, celui "d'être jamais complètement où l'on est". "La grande affaire de la vie c'est de ne pas être où vous vous trouvez." Il faut comprendre alors le titre du livre "Au coeur du coeur d'un autre pays" sous cet éclairage : aller au fond de soi quand le soi est ailleurs. Est autre. Le soi est un pays. Ailleurs.


La maison, le lieu, le corps, la guerre.
Voir défiler la pellicule du souvenir des guerres dans son cerveau, voir "les soldats anglais marchant dans Beyrouth, " par exemple. Beyrouth qui prend une place importante dans ce recueil en prose. "Beyrouth, irrespirable, devenue la ville la plus cruelle au monde. " " Je ne sais pas de quelle manière je vais mourir dans cette ville où l'argent et la mort sont mêlés. Ils vendent la mort à Beyrouth comme en France on vend le vin. Pour le plaisir."

Les fils métalliques.
"Le tissu de ce siècle est constitué de fils métalliques : les camps allemands entourés de barbelés dans toute l'Europe et en Grèce, les clôtures anglaises en Égypte, les barrières israéliennes en Palestine à la frontière sud du Liban..."

Quand Etel va aux funérailles d'Oum Kalsoum elle voit "la foule devenue mer enveloppant son corps".

Ce sont les correspondances entre mer et terre, animal et humain qui s'amalgament dans son cerveau. "Qui dit que les animaux ne sont pas des personnes ?"
"Tel un saumon je suis revenue ici pour mourir."
"Poisson, je suis le saumon indien originaire d'une terre arabe."


Ma maison, ce lieu, ce corps.
Elle ne peut que s'habiter elle-même, habiter son corps.
Son mysticisme est à l'image du syncrétisme libanais, moyen-oriental, comme on le vit en terre du Levant.
Une église un certain jour de Pâques, le chant du muezzin comme une lamentation. Elle passe à travers les sensations de son corps et de ses souvenirs d'enfance. De la résurrection au parfum de sainteté, de la fin du jeûne du Ramadan. "Ma querelle avec l'église est si ancienne que je pense que j'ai dû vivre un jour en Espagne sous l'Inquisition," écrit-elle.


Tout le chapitre IV est consacré à Lawrence d'Arabie à qui Etel rend hommage et qui a collaboré à la libération du monde arabe.
Elle déconstruit les préjugés quand elle annonce à une survivante d'un camp de concentration de la Seconde Guerre mondiale, au risque de la décevoir, que l'Arabie n'existe pas.

Le dernier chapitre oscille entre le goût et le dégoût de vivre.
"Entendre la bande-son de la guerre en Irak et être stupéfaite par la beauté des couleurs du printemps dans la maison de Californie."
Avoir honte d'être bien alors que d'autres meurent de faim sous les bombes. La lassitude d'exister, l'usage de l'infinitif qui entrave toute action. Ou "perdre le sens de toute raison d'être" malgré la beauté d'un jardin naissant ou d'un bon repas.

Le dernier chapitre tout en paradoxes invoque le poète irakien Badr Shaker al Sayyab pour "l'informer que Bassora est sous les bombes" ou les poèmes d'Inanna, et les dieux babyloniens devenus impuissants.

Des images, des souvenirs, et au final rappeler que le code de Hammourabi est l 'un des premiers qui traite des lois des Droits de la personne.

Etel Adnan, poète et philosophe de notre temps, nous rappelle que le corps et l'esprit font toujours un dans un poème.






Bibliographie :
http://www.eteladnan.com/
Simone Fattal, Nadine et Etel (photo, Nadine Ltaif Paris 2012)











jeudi 17 janvier 2013

LE CINÉMA DE SISYPHE : 100 X FOIS RECOMMENCÉ - expo d'Hejer Charf

La cinéaste Hejer Charf expose divers avatars et artéfacts nés des vestiges d’un scénario qui n’est pas devenu film. Un peu comme la figure mythologique de Sisyphe qui pousse sans cesse sa pierre, l’artiste poursuit sa quête inlassablement, menant sur des chemins nouveaux et différents, avec une seule et même idée constamment renouvelée. Anna Karina, Philippe Katerine et Camilla Adami figurent dans son champ de bataille.

Du 15 février 2013
Au 17 mars 2013

Disponible le 15 février 2013
Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal
Entrée libre

http://www.accesculture.com/activite/Le_cinema_de_Sisyphe___100_X_fois_recommence

http://www.hejercharf.com/Nadja_productions/news.html




samedi 12 janvier 2013

La dame à la canne rose



Je compte goûter à chaque minute, à chaque seconde et demi-seconde de ces moments avant le depart de Joël pour la Suède. Il est joyeux et dynamique. Un plaisir de le regarder. Avec ses cheveux qui ondulent sur ses épaules.

Nous sommes à Varadero, Cuba.
Au petit-déjeuner, derrière moi se tient un couple d'hommes. L'un marche avec une grosse canne rose. Je l'ai pris pour une femme. Avant de l'entendre parler de sa voix grave. Je pense que tous les deux viennent de Suède. Ce serait vraiment un incroyable hasard.

Je me dis devoir ne pas rater cette chance. De m'ouvrir sur une nouvelle rencontre. Son compagnon gentiment propose à la table voisine de les prendre en photo.
Êtes-vous de Suède ? demande-t-il. Are you Swedish?
No . From Austria.

Je vais me servir. Puis retourne m'asseoir à la terrasse. En passant, je souris à la dame à la canne rose. Je termine mon petit-déjeuner et me lève pour partir. Le courage me prend et je demande à la dame et à son compagnon : Êtes-vous "Swedish" ?
No. Canadian, me répond-elle.
C'est que mon fils s'en va en Suède pour cinq mois, pour un échange d'étudiants.
Son compagnon me répond: Ah ! Il va adorer. Je suis allé à Stockholm plusieurs fois. On peut visiter des îles par bateau. C'est splendide.
La dame à la canne rose me répond : Ne vous inquiétez pas pour lui, il sera très bien.

Je pensais que l'échange allait s'arrêter là. Je me trompais. Plus tard en matinée, j'attendais au lobby l 'ouverture du bureau des réservations de restaurants. La dame à la canne rose réapparait. Cette fois, elle s'avance vers moi, me sourit: Puis-je m'asseoir avec vous ?
Bien sûr.
Elle me demande combien m'avait coûté mon forfait. Je réponds : 800 $
C'est mon fils qui l'a trouvé sur internet. D'habitude nous avons un agent.
Nous, c'est l'inverse, me dit-elle. Nous achetons toujours par internet. Cette fois-ci nous l'avons trouvé par un agent. Ça nous a coûté plus cher.
Vous restez pour Noël ?
Non pour Hanouka
Je souris.
Elle me demande
Vous êtes libanaise ?
Oui.
Nous avons un ami Libanais, Albert Cohen
Comme le romancier français ?
Oui. Il avait été kidnappé pendant la guerre dans les années soixante-dix.
Il avait dû payer une rançon qui l'a dépouillé complètement. Il avait quitté rapidement Beyrouth.

Je voulais lui raconter que nous avions eu aussi un épisode d'exode. Mais elle parlait trop. Elle portait le signet rose. Je confondais les couleurs et le pris d 'abord pour un signet rouge. Le signet était rose comme sa canne. Elle m'expliqua qu'elle avait fait l'ablation des deux seins. Et qu'à présent, le cancer était à sa deuxième phase.
Mais ses souffrances ne s'arrêtaient pas là. Elle était née après la guerre, elle n'avait donc pas souffert directement de l'Holocauste. Ses parents étaient des survivants de la Shoah. Ce doit être insupportable de survivre à l'extermination et devoir encore mourir. Certains comme Primo Lévi ne le supportent pas et se suicident.

Le lendemain, nous visitions La Havane, qu'on aurait dit sortie d'une guerre. Des villas édentées, délabrées depuis la Révolution de 1957.

Je ne sais comment terminer mon histoire. La personne que j'avais pris pour la femme à la canne rose était-il un homme ? Je n' en étais pas convaincue, malgré le fait de l'avoir constaté par moi-même, l'ayant vue en maillot sur la plage. Mais c'est surtout moi qui me dévoilais en avouant l'importance que j'accordais au genre. Car peu importe en effet que cet être soit homme ou femme. Il/elle a marqué mon séjour et c'est ce souvenir que je choisis pour consigner dans mon carnet. Joyeux Noël - ou heureuse Hanouka - au fond, c'est du pareil au même.

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jeudi 15 novembre 2012

Paul Bélanger, Le passeur du palais des ombres




"Je n'ai jamais pensé qu' il faille raconter pour écrire".
Le passeur du palais des ombres , c'est l 'écrivain qui se vide de lui-même pour se pencher sur l'acte de naissance de l'écriture. C'est un manuscrit de Pessoa retrouvé à Montréal. Un subterfuge de Paul Bélanger pour se glisser dans la peau de l'auteur, qui, lui, rappelons-le, a passé sa vie à se vêtir d'hétéronymes.  

Antonio Tabucchi aussi, s'était laissé capturer par le personnage dans ses écrits : Requiem ou Les trois derniers jours de Fernando Pessoa. Un délire.
Pessoa a un pouvoir hypnotique.

Paul Bélanger
photo : N. L.
Sous un effet hallucinatoire, Bélanger-Pessoa écrit ces proses philosophiques, embarqué par inadvertance sur un paquebot qui cachait de l'opium, et qui le mène à Montréal. Il note sa "sensation" de la ville qu'il saisit mal. Alors il invoque Ricardo Reis, un de ses doubles, qui, lui, est américain et pourra peut-être le renseigner. Il se demande s'il a pu  "rêver cette ville aux cents clochers", ou "quel rôle joue ce cahier" ? Il restera à Montréal le temps que le bateau soit réparé. 
"L'Amérique est une terre en rêve peut-être. Ni Asie ni Europe, une autre forme de rêve. "

Bélanger-Pessoa analyse comment lui vient un hétéronyme. La voix du poète qu'il va incarner. Il y a un poète Canadien. Mais sa voix est encore "pétrie dans la glace", sans forme biographique, sans "mythologie". "Un Canadien errant".


Pour qui sait comment Pessoa fabrique ses doubles, il leur crée une naissance et une mort, une biographie. Ici nous sommes en présence de la biographie de Pessoa, telle qu'imaginée par Bélanger. Un Pessoa qui passe aux aveux. Qui fait son mea culpa.

dessin : Nadine Ltaif
Rêve ou mythe, le récit emprunte les labyrinthes du Minotaure pour rêver Montréal dans un voyage immobile qui trace le dessein de l'écrivain, l'éternel exilé.

"Ainsi sommes-nous exclus de tout territoire, déracinés de l'existence elle-même. "

Un voyage immobile dans l'acte d'écrire. C'est peut-être le rôle de ce cahier de Pessoa trouvé à Montréal.


Paul Bélanger, Le passeur du palais des ombres. Cahier de Fernando Pessoa à Montréal. Recueilli par Paul Bélanger, éditions du Silence, Montréal, 2011
Illustrations de Stéphane Jorish


dimanche 28 octobre 2012

L'étrange univers de George Tooker

Toucher la lumière








Il me hante depuis juillet 2011. De passage à New York, je l'ai découvert par hasard dans une Galerie de Chelsea,  la DC Moore Gallery qui rassemblait une importante collection de ses toiles. George Tooker a produit deux cents toiles seulement durant sa longue vie . Il venait de mourir en mars 2011 à l'âge de 91 ans. Une salle était consacrée à son cercle intime d'amis artistes peintres et de photographes. Le groupe se nomme PaJaMa, composé des deux premières lettres de leurs prénoms: Paul Cadmus, Jared French, Margaret French. Le New York des années quarante. Des photos en noir et blanc. Très suggestives. Le peintre est d'ascendance cubaine. Son style est désigné sous l'appellation de réalisme magique.


Des personnages aux regards effrayés, perdus dans la grande ville, solitaires, muets, non dépourvus de chaleur par contre. Ce qui frappe chez Tooker c'est son humanité. Il entoure ses personnages de compassion. Il les embrasse, les love, semble écouter leurs souffrances, car ils sont emmurés dans le silence, dans les couloirs du métro new-yorkais, ou enfermés dans des cubicules, des bureaux. Dans ses tableaux de la plage de Long Beach, qui n'existe plus aujourd'hui, il peint une faune de baigneurs avec leur famille, une foule métissée. Ou bien des toiles, telles des fresques, dignes de la Divine Comédie, où la pauvreté et la mort sont représentées. Univers kafkaïen, celui du Procès ou de L'Amérique. Labyrinthique.



Il y a quelque chose de transcendant dans les tableaux de cet artiste qui rejoint les fresques de Giotto. Un je-ne-sais-quoi  de sacré. Une lumière florentine. Un effroi transfigurant. Et malgré leur accoutrement contemporain, les personnages sont hors du temps. Entre Giotto et les sculptures grecques ou romaines.
Est-ce l'usage de la technique de la Tempera utilisée dans les peintures du Moyen Âge et de la Renaissance italienne qui renforce ce sentiment d'intensité  ? Il nous fait toucher la lumière du bout des doigts.

samedi 13 octobre 2012

Holy Motors : "Et si personne ne regarde plus ? "




Un homme, millionnaire, traverse Paris dans une limousine blanche. Le film est une série de rencontres. Il se déguise, va à la rencontre des personnages qu'il interprète. Entre rêve et réalité, le film est un ballet, une chorégraphie, une quête de beauté. Quête ou enquête. "La beauté est dans l 'oeil de celui qui regarde"... "Et si personne ne regarde plus ?" Ces lignes sont tirées du film. L'acteur et ses rôles, son désespoir d'exister, on se demande si ce n'est pas lui-même qu'il assassine dans chaque station. "J'ai un projet: devenir fou" dit le protagoniste. Incertitude de bout en bout : entre le vrai et le faux. Un pari sur la beauté.

Holy Motors
film de Leos Carax 
distributuion : Denis Lavant, Edith Scob, Kylie Minogue, Eva Mendes, Michel Piccoli