jeudi 17 janvier 2013

LE CINÉMA DE SISYPHE : 100 X FOIS RECOMMENCÉ - expo d'Hejer Charf

La cinéaste Hejer Charf expose divers avatars et artéfacts nés des vestiges d’un scénario qui n’est pas devenu film. Un peu comme la figure mythologique de Sisyphe qui pousse sans cesse sa pierre, l’artiste poursuit sa quête inlassablement, menant sur des chemins nouveaux et différents, avec une seule et même idée constamment renouvelée. Anna Karina, Philippe Katerine et Camilla Adami figurent dans son champ de bataille.

Du 15 février 2013
Au 17 mars 2013

Disponible le 15 février 2013
Maison de la culture du Plateau-Mont-Royal
Entrée libre

http://www.accesculture.com/activite/Le_cinema_de_Sisyphe___100_X_fois_recommence

http://www.hejercharf.com/Nadja_productions/news.html




samedi 12 janvier 2013

La dame à la canne rose



Je compte goûter à chaque minute, à chaque seconde et demi-seconde de ces moments avant le depart de Joël pour la Suède. Il est joyeux et dynamique. Un plaisir de le regarder. Avec ses cheveux qui ondulent sur ses épaules.

Nous sommes à Varadero, Cuba.
Au petit-déjeuner, derrière moi se tient un couple d'hommes. L'un marche avec une grosse canne rose. Je l'ai pris pour une femme. Avant de l'entendre parler de sa voix grave. Je pense que tous les deux viennent de Suède. Ce serait vraiment un incroyable hasard.

Je me dis devoir ne pas rater cette chance. De m'ouvrir sur une nouvelle rencontre. Son compagnon gentiment propose à la table voisine de les prendre en photo.
Êtes-vous de Suède ? demande-t-il. Are you Swedish?
No . From Austria.

Je vais me servir. Puis retourne m'asseoir à la terrasse. En passant, je souris à la dame à la canne rose. Je termine mon petit-déjeuner et me lève pour partir. Le courage me prend et je demande à la dame et à son compagnon : Êtes-vous "Swedish" ?
No. Canadian, me répond-elle.
C'est que mon fils s'en va en Suède pour cinq mois, pour un échange d'étudiants.
Son compagnon me répond: Ah ! Il va adorer. Je suis allé à Stockholm plusieurs fois. On peut visiter des îles par bateau. C'est splendide.
La dame à la canne rose me répond : Ne vous inquiétez pas pour lui, il sera très bien.

Je pensais que l'échange allait s'arrêter là. Je me trompais. Plus tard en matinée, j'attendais au lobby l 'ouverture du bureau des réservations de restaurants. La dame à la canne rose réapparait. Cette fois, elle s'avance vers moi, me sourit: Puis-je m'asseoir avec vous ?
Bien sûr.
Elle me demande combien m'avait coûté mon forfait. Je réponds : 800 $
C'est mon fils qui l'a trouvé sur internet. D'habitude nous avons un agent.
Nous, c'est l'inverse, me dit-elle. Nous achetons toujours par internet. Cette fois-ci nous l'avons trouvé par un agent. Ça nous a coûté plus cher.
Vous restez pour Noël ?
Non pour Hanouka
Je souris.
Elle me demande
Vous êtes libanaise ?
Oui.
Nous avons un ami Libanais, Albert Cohen
Comme le romancier français ?
Oui. Il avait été kidnappé pendant la guerre dans les années soixante-dix.
Il avait dû payer une rançon qui l'a dépouillé complètement. Il avait quitté rapidement Beyrouth.

Je voulais lui raconter que nous avions eu aussi un épisode d'exode. Mais elle parlait trop. Elle portait le signet rose. Je confondais les couleurs et le pris d 'abord pour un signet rouge. Le signet était rose comme sa canne. Elle m'expliqua qu'elle avait fait l'ablation des deux seins. Et qu'à présent, le cancer était à sa deuxième phase.
Mais ses souffrances ne s'arrêtaient pas là. Elle était née après la guerre, elle n'avait donc pas souffert directement de l'Holocauste. Ses parents étaient des survivants de la Shoah. Ce doit être insupportable de survivre à l'extermination et devoir encore mourir. Certains comme Primo Lévi ne le supportent pas et se suicident.

Le lendemain, nous visitions La Havane, qu'on aurait dit sortie d'une guerre. Des villas édentées, délabrées depuis la Révolution de 1957.

Je ne sais comment terminer mon histoire. La personne que j'avais pris pour la femme à la canne rose était-il un homme ? Je n' en étais pas convaincue, malgré le fait de l'avoir constaté par moi-même, l'ayant vue en maillot sur la plage. Mais c'est surtout moi qui me dévoilais en avouant l'importance que j'accordais au genre. Car peu importe en effet que cet être soit homme ou femme. Il/elle a marqué mon séjour et c'est ce souvenir que je choisis pour consigner dans mon carnet. Joyeux Noël - ou heureuse Hanouka - au fond, c'est du pareil au même.

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jeudi 15 novembre 2012

Paul Bélanger, Le passeur du palais des ombres




"Je n'ai jamais pensé qu' il faille raconter pour écrire".
Le passeur du palais des ombres , c'est l 'écrivain qui se vide de lui-même pour se pencher sur l'acte de naissance de l'écriture. C'est un manuscrit de Pessoa retrouvé à Montréal. Un subterfuge de Paul Bélanger pour se glisser dans la peau de l'auteur, qui, lui, rappelons-le, a passé sa vie à se vêtir d'hétéronymes.  

Antonio Tabucchi aussi, s'était laissé capturer par le personnage dans ses écrits : Requiem ou Les trois derniers jours de Fernando Pessoa. Un délire.
Pessoa a un pouvoir hypnotique.

Paul Bélanger
photo : N. L.
Sous un effet hallucinatoire, Bélanger-Pessoa écrit ces proses philosophiques, embarqué par inadvertance sur un paquebot qui cachait de l'opium, et qui le mène à Montréal. Il note sa "sensation" de la ville qu'il saisit mal. Alors il invoque Ricardo Reis, un de ses doubles, qui, lui, est américain et pourra peut-être le renseigner. Il se demande s'il a pu  "rêver cette ville aux cents clochers", ou "quel rôle joue ce cahier" ? Il restera à Montréal le temps que le bateau soit réparé. 
"L'Amérique est une terre en rêve peut-être. Ni Asie ni Europe, une autre forme de rêve. "

Bélanger-Pessoa analyse comment lui vient un hétéronyme. La voix du poète qu'il va incarner. Il y a un poète Canadien. Mais sa voix est encore "pétrie dans la glace", sans forme biographique, sans "mythologie". "Un Canadien errant".


Pour qui sait comment Pessoa fabrique ses doubles, il leur crée une naissance et une mort, une biographie. Ici nous sommes en présence de la biographie de Pessoa, telle qu'imaginée par Bélanger. Un Pessoa qui passe aux aveux. Qui fait son mea culpa.

dessin : Nadine Ltaif
Rêve ou mythe, le récit emprunte les labyrinthes du Minotaure pour rêver Montréal dans un voyage immobile qui trace le dessein de l'écrivain, l'éternel exilé.

"Ainsi sommes-nous exclus de tout territoire, déracinés de l'existence elle-même. "

Un voyage immobile dans l'acte d'écrire. C'est peut-être le rôle de ce cahier de Pessoa trouvé à Montréal.


Paul Bélanger, Le passeur du palais des ombres. Cahier de Fernando Pessoa à Montréal. Recueilli par Paul Bélanger, éditions du Silence, Montréal, 2011
Illustrations de Stéphane Jorish


dimanche 28 octobre 2012

L'étrange univers de George Tooker

Toucher la lumière








Il me hante depuis juillet 2011. De passage à New York, je l'ai découvert par hasard dans une Galerie de Chelsea,  la DC Moore Gallery qui rassemblait une importante collection de ses toiles. George Tooker a produit deux cents toiles seulement durant sa longue vie . Il venait de mourir en mars 2011 à l'âge de 91 ans. Une salle était consacrée à son cercle intime d'amis artistes peintres et de photographes. Le groupe se nomme PaJaMa, composé des deux premières lettres de leurs prénoms: Paul Cadmus, Jared French, Margaret French. Le New York des années quarante. Des photos en noir et blanc. Très suggestives. Le peintre est d'ascendance cubaine. Son style est désigné sous l'appellation de réalisme magique.


Des personnages aux regards effrayés, perdus dans la grande ville, solitaires, muets, non dépourvus de chaleur par contre. Ce qui frappe chez Tooker c'est son humanité. Il entoure ses personnages de compassion. Il les embrasse, les love, semble écouter leurs souffrances, car ils sont emmurés dans le silence, dans les couloirs du métro new-yorkais, ou enfermés dans des cubicules, des bureaux. Dans ses tableaux de la plage de Long Beach, qui n'existe plus aujourd'hui, il peint une faune de baigneurs avec leur famille, une foule métissée. Ou bien des toiles, telles des fresques, dignes de la Divine Comédie, où la pauvreté et la mort sont représentées. Univers kafkaïen, celui du Procès ou de L'Amérique. Labyrinthique.



Il y a quelque chose de transcendant dans les tableaux de cet artiste qui rejoint les fresques de Giotto. Un je-ne-sais-quoi  de sacré. Une lumière florentine. Un effroi transfigurant. Et malgré leur accoutrement contemporain, les personnages sont hors du temps. Entre Giotto et les sculptures grecques ou romaines.
Est-ce l'usage de la technique de la Tempera utilisée dans les peintures du Moyen Âge et de la Renaissance italienne qui renforce ce sentiment d'intensité  ? Il nous fait toucher la lumière du bout des doigts.

samedi 13 octobre 2012

Holy Motors : "Et si personne ne regarde plus ? "




Un homme, millionnaire, traverse Paris dans une limousine blanche. Le film est une série de rencontres. Il se déguise, va à la rencontre des personnages qu'il interprète. Entre rêve et réalité, le film est un ballet, une chorégraphie, une quête de beauté. Quête ou enquête. "La beauté est dans l 'oeil de celui qui regarde"... "Et si personne ne regarde plus ?" Ces lignes sont tirées du film. L'acteur et ses rôles, son désespoir d'exister, on se demande si ce n'est pas lui-même qu'il assassine dans chaque station. "J'ai un projet: devenir fou" dit le protagoniste. Incertitude de bout en bout : entre le vrai et le faux. Un pari sur la beauté.

Holy Motors
film de Leos Carax 
distributuion : Denis Lavant, Edith Scob, Kylie Minogue, Eva Mendes, Michel Piccoli

samedi 25 août 2012

Van Gogh de près

Theo, je ne suis pas un paysagiste. Quand je peindrai des paysages,
ceux-ci "sentiront" toujours la figure. Vincent V.G.


Je préfère peindre les yeux des hommes que les cathédrales, car dans les yeux, il y a quelque chose qu’il n’y a pas dans les cathédrales, même si elles sont majestueuses et qu’elles en imposent, l’âme d’un homme, même si c’est un pauvre gueux ou une fille de rue, est plus intéressante à mes yeux.(...). Vincent Van Gogh, Anvers, novembre 1885



Nous avions une heure avant notre tour pour visiter l'expo Van Gogh au Musée des Beaux-Arts à Ottawa, alors nous sommes entrés dans une salle de la collection permanente. Laquelle ? La salle de Marcel Duchamp. Oh, la surprise ! Par hasard à la librairie Le Port de tête je m'étais procuré un livre sur Marcel Duchamp. Sur la couverture La Fontaine (urinoir)  et surtout L'Egouttoir a 
bouteilles, qu'on disait introuvable. 



Je la voyais là, dans la salle du Musée des Beaux-Arts du Canada. Mystère ! Puis vint notre tour tant attendu pour pénétrer dans l'expo. Toujours avec émotion, qles oeuvres de ce peintre à fleur de peau nous bouleversent. La beauté le trouble. La beauté le rend fou. Il nous transmet le frémissement du vent dans l'herbe. Les couleurs de Van Gogh ne sont jamais dissonantes. Ce sont les lignes, les formes qui le sont, et comment il n'y a plus de limites chez lui pour faire pénétrer l'herbe dans le ciel et le ciel dans l'herbe. Devant les branches noueuses de L'Amandier en fleurs je crie en dedans de moi "Au secours  beauté. Ne m'abandonne pas". La beauté rend fou. Le bonheur rend fou, le plaisir rend fou. Tant d'excessivité et de raffinement dans sa peinture. Le raffinement des estampes japonaises auxquelles le musée a consacré une salle ou les photographies de la nature du XIXe siècle .

Vincent V.G

Jean-François Millet












Vincent puisait son inspiration chez Delacroix et Millet plutôt que chez les impressionnistes, ou dans le symbolisme de Gauguin. "Comment peindre des oliviers sans les avoir jamais vus", disait-il. Il lisait et appréciait le réalisme d'Emile Zola.
Les oliviers de V.H.








Sur la route du retour vers Montréal, je continuais à voir du Van Gogh dans les herbes hautes du mois d'août.












jeudi 26 juillet 2012

Ya bayé ya bayé ya bayé !





J’arrête un taxi au hasard. Une Ford  des années soixante-dix. Le vieux chauffeur est une relique. Décidément, ces années-là ne lâcheront pas ma mémoire. Emmenez-moi à Broumana s’il vous plaît. Par la nouvelle route. Connaissez-vous la nouvelle route ? Il ne répond pas. Il roule de Beyrouth ouest vers Achrafié, bifurque à droite. En effet, il ne semble pas la connaître. Embouteillage. Je dis : Comme si vous alliez à Jbeil. Il y a une nouvelle autoroute. Il dit : Oh mais je n’aurais jamais dû venir par là ! Ya bayé ya bayé ya bayé ! (Mon père mon père mon père ! ) Non, il aurait suffi de prendre la route du nouveau Centre-ville. Ya bayé, ya bayé ! bref, il rectifie son trajet. Il roule. Passez par le grand arbre. C’est le point de repère de ma mère.Vous voulez dire le bureau des Kataëb ? Si vous voulez. Il roule. Il doit s’arrêter pour faire le plein d’essence. Il ne pensait pas faire un si long trajet (vingt minutes), habitué à rouler uniquement sur Hamra- un pâté de maisons-  Roulez jusqu’au McDo puis tournez à droite à l’indication Joura-Broumana. Enfin il découvre la belle grande autoroute. Le vieux monsieur se transforme en James Bond. Il bombe le torse et appuie sur l’accélérateur. Pas d’embouteillage, il est heureux. Grimpe les collines, les virages sont de plus en plus raides. Il rejoint l’ancienne route, les rues deviennent étroites. Appréhendant à chaque virage une voiture en sens inverse. Le lieu où habitent mes parents est bien niché, la vieille Ford doit redescendre dans une vallée. Ya bayé ya bayé ! Je retiens mon fou rire !  Quand je lui paie le trajet, il m’offre son sourire édenté. Je m’appelle Riyad. Merci Riyad. Bon retour. Allez-vous savoir retrouver le chemin ? Vous pouvez reprendre l’ancienne route si vous voulez. En remontant vers la rue principale.

mardi 24 juillet 2012

Kaakaya




Tous les matins, nous nous retrouvons pour le petit déjeuner arabe. Libanais, labné, ou foul ! Le serveur est heureux de nous voir arriver, l’une après l’autre, au rythme de nos réveils. Beau sourire. Je saurai plus tard qu’il est syrien. Il demande nos noms. Jusqu’à quand va-t-on exhiber nos identités à chaque nouvelle rencontre ? Je dis le mien. Je lui confie aussi que j’avais une grand-mère paternelle de Homs. Et vos autres grands-parents ? 
Il mentionne des L. de Rachaya. Ah oui, il s’agit bien de ma branche maternelle. Qu’il est lourd cet arbre  avec ses fruits pesants ! Et mon grand-père paternel vient de Zahlé, la vallée de la Békaa. Mais oui, il y a des L. qui sont partis au Brésil ! Aie ! oui en effet, les frères de mon grand-père. Ça y est, je suis faite ! il va me caser. Il a reconnu d’où je viens, et me voilà admise dans le clan !  Quand sortirons-nous de cet esprit clanique ! je pense à mes beaux-parents québécois. Ils me reçurent à leur table, me nourrirent sans me demander mon origine, ni mon identité. Me voilà servie pour un bon petit déjeuner.

mardi 17 juillet 2012

Évelyne Wilwerth, 22 astuces pour une vie plus magique




Un manuel de savoir-vivre qui se transforme en écriture de petits 
Évelyne Wilwerth
 textes en prose. "Un traité du bonheur léger" digne des philosophes tels Sénèque ou  Clarice Lispector qui écrivait ses chroniques dans les journaux brésiliens. La magie ? sortie du chapeau d'Alice avec son lapin. Là réside l'improvisation, la mise à nu devant le miroir, sans complaisance, un face à face avec soi dans "le détachement, la dignité et l'autodérision". Extraire la joie du quotidien : "Casser joyeusement pour reconstruire", "offrir une majuscule au mot quotidien".
Creuser en soi "comme un champ de fouilles à l'infini qui se dévoile lentement". Se connaître pour aimer l'autre :"j'ai peu à peu appris à aimer l'autre, à respecter sa respiration, sa liberté".


Solitude, peurs, dépassement de soi, exploration de son corps et élévation vers une transcendance. Évelyne scrute le réel de nos vies avec une loupe et avec affection, humour et un brin de malice.

 Écrivaine belge, Évelyne Wilwerth est l'auteure de romans, de nouvelles, d' essais, de contes pour enfants, de poèmes... et de pièces de théâtre dont une surprenante Souriez, vous vieillissez(Memory Press, Erezée, 2007) Traduite en anglais par Christine Tipper, aux éditions Guernica, Toronto.



22 astuces pour une vie plus magique, par Évelyne Wilwerth, Maelström, Compact, 2011 Smile ! You're Getting Old, by Evelyne Wilwerth, translated by Christine Tipper, Guernica, 2012



mardi 3 juillet 2012

Épisode du kiosque à journaux de la rue Hamra


Kiosque rue Hamra (Beyrouth)
Je me rends vers le kiosque à journaux pour acheter L’Orient-le jour. Le vieux monsieur somnole. Je le réveille. Je trouve L’Express sur les Salafistes en Tunisie, pas d’Orient-Le jour. « il est épuisé » me dit le Monsieur aux petits yeux usés par la lecture. Pas grave, j’ai besoin de monnaie, je lui tends mon billet de 50 000 livres. Il lève les yeux : Tu veux l’Orient ? Oui, s’il vous plaît. Alors événement théâtral : il sort de son kiosque, traverse la petite rue Hamra en se dandinant, sûr de lui, vers la Librairie d’Orient. Il s’absente un certain temps. Puis revient, redandine vers son kiosque en slalomant à travers les autos comme il l’a toujours fait et pénètre dans sa petite roulotte de journaux. Victorieux, il me tend le journal. 
AUB (Université Américaine de Beyrouth) entrée prncipale
Je me prépare à partir en le remerciant. Il me dit : il manque quelques livres, il sort 3 000 livres. Je lui souris et me retire, avec le flot de souvenirs du quartier de mon enfance des années soixante-dix.

dimanche 1 juillet 2012

Retour aux urnes

Alors que les Grecs retournent aux urnes pour élire leur président
Je me prends à penser aux urnes de l'Antiquité. 
Aux jarres où l'on enterrait les morts. 
Je ne peux m'empêcher de penser 
Que nous avons aujourd'hui effectué un retour à l'usage des urnes.
Palais de Knossos- Crète

Ne préviligions-nous pas de plus en plus l'incinération à la mise en terre ?
Nous réservons les cendres dans des vases, nommés urnes qui sont souvent d'inspiration grecque. 
Salut de Crète
La Grèce reste notre source d'instiration en Occident. Je pourrais dire la même chose de la Phénicie. Les Phéniciens avaient recours aux mêmes rites d'enterrement. Je retrouve les ténèbres de la jarre... éternelle histoire. (Entre les fleuves)

lundi 28 mai 2012

Entre terre et ciel : x-fois gens chaise | FTA




Pour celles ou ceux qui n'y étaient pas préparés, la surprise était grande de voir des personnes âgées suspendues hors de leurs murs, flottant entre la terre et les nuages.
Hier, sur les murs des édifices rues de Maisonneuve ou de Saint-Denis à Montréal,
l'artiste Angie Hiesl nous a offert une performance-installation des plus inusitée intitulée
"x-fois gens chaise"  dans le cadre de du Festival du Théâtre des Amériques (FTA)


Absorbé par son quotidien

Lisant un livre

Réparant un transistor

Ne faisant rien

Lisant une revue